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Des bijoux du patrimoine retrouvent leur éclat | Press' 3

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Des bijoux du patrimoine retrouvent leur éclat

Des bijoux du patrimoine retrouvent leur éclat


Chaque année, une partie du budget de la Ville de Troyes est consacrée à l’entretien et la restauration d’oeuvres des églises troyennes. Sur tous les objets mobiliers, hors vitraux et musées, appartenant ou confiés à la Collectivité (loi de 1905 concernant la séparation des églises et de l’État), 575 sont placés sous la protection de l’État au titre des Monuments Historiques. Réinstallés ou restaurés, ces trésors présentent un véritable intérêt culturel, pour les Troyens et les touristes également, et concourent à la beauté générale des églises et à l’attractivité du territoire.

Sainte AgateDe la remise en ordre...
Différentes sortes de restauration permettent de valoriser mobiliers et objets dans les églises troyennes. Pour 2017, 38 750 € HT* ont été alloués à l’ensemble de ces restaurations, qui participent à la conservation et au rayonnement du patrimoine local.

Il « suffit » parfois de trouver une place de choix à une oeuvre - restée trop longtemps en réserve ou présentée en second plan - au coeur de son édifice d’origine pour la remettre en lumière et illustrer la richesse du patrimoine troyen. Tel est le cas de la statue de Sainte Agathe (16e s.) de l’église Saint- Nicolas, laquelle méritait un meilleur emplacement à la suite de sa restauration. Elle est désormais installée sur une console dédiée et forme un pendant harmonieux à la statue de Sainte Agnès (16e s.) à l’entrée du choeur, à la vue de tous.

De la même manière, deux bénitiers et les fonts baptismaux de l’église Saint-Jean-au-Marché, qui avaient été déplacés lors de l’exposition Le Beau XVIe siècle en 2009, ont été repositionnés pour une mise en valeur optimale. Marguerite Bourgeoys (co-fondatrice de Montréal, Canada) ayant été baptisée dans cette église le jour même de sa naissance (17 avril 1620), nombre de Canadiens se déplacent à Troyes pour visiter l’église Saint-Jean-au-Marché.

...à la remise en peinture
Pour retrouver de leur superbe, certains objets et mobiliers font, pour leur part, l’objet d’opérations plus minutieuses. Ces restaurations esthétiques consistent généralement à nettoyer et restaurer la polychromie de ces oeuvres, restituant aux visiteurs leur beauté d’origine.

Le haut-relief en bois polychrome Pâmoison de la Vierge (Renaissance) a été restauré en plusieurs étapes, avant de retrouver le jubé de l’église Sainte- Madeleine. Dans un premier temps, ce haut-relief a été débarrassé des insectes xylophages (se nourrissant de bois) qui y avaient élu domicile, par anoxie. Concrètement, l’oeuvre a été placée dans un sac plastique durant cinq semaines pour asphyxier insectes et larves. Ensuite, une spécialiste du patrimoine sculpté, Florence Godinot, a nettoyé le haut-relief et identifié trois couches de peintures de différentes époques. Cette polychromie en « trois temps » a dévoilé que seules les parties abimées avaient été repeintes... La Ville et Florence Godinot ont décidé de préserver cet état afin de conserver les superpositions de couleurs, témoignages successifs de son histoire.

Autre trésor ayant recouvré son éclat au sein de la basilique Saint-Urbain : un bas-relief en pierre représentant un gisant (sculpture funéraire), restauré par Jean Délivré (35 ans d’expérience dans ce domaine). Datant du 16e siècle, cette figure, remarquable parmi les tombeaux de la Renaissance en France, nécessitait un nettoyage en profondeur de plusieurs semaines. Un gel constitué de bicarbonate d’ammonium et d’eau déminéralisée, puis des jets de vapeur ont ainsi permis de décrasser cette sculpture et de rendre à nouveau lisible son inscription, laquelle donne l’année du décès (1570).

* Co-financés par la Ville de Troyes à hauteur de 45 %, par la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est à hauteur de 40 % et par le Département de l’Aube à hauteur de 15 %.

Vous avez dit dendrochronologie ?
Lors de certaines restaurations d’oeuvres en bois, des études dendrochronologiques sont menées pour obtenir des informations sur l’âge du bois utilisé, son origine, voire l’année de son abattage ! Cette méthode scientifique, qui se base sur la lecture des anneaux de croissance du bois, s’avère également utile pour les services techniques de la Ville de Troyes, notamment dans la restauration de bâtiments.

Coup d’oeil sur d’autres restaurations
Six restaurations s’achèvent : Adoration de l’Enfant et une Crucifixion, deux reliefs de pierre polychrome du 16e siècle, de retour le 23 février en la basilique Saint-Urbain ; ainsi que quatre panneaux peints du transept de l’église Saint-Remy.

Et la lumière fut
Le célèbre jubé en dentelle de pierre de l’église Sainte-Madeleine est de nouveau mis en lumière (littéralement), offrant ainsi aux visiteurs toute sa magnificence. Cela faisait au moins 5 ans qu’il n’était plus éclairé.

Pamoison de la Vierge Jubé de la Madeleine


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