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Les aides aux réfugiés

Dans le cadre de leur mission de valorisation du patrimoine troyen, les Archives municipales vous proposent, pour le Centenaire de 14-18, de découvrir des documents originaux. Dans la continuité des textes mis en ligne, en 2014, sur le site Internet de la Ville de Troyes (onglet « Sport/Culture », rubrique « Archives municipales », « Le document du mois »), 2018 clôture ce cycle mémoriel par des articles traitant de la vie quotidienne à Troyes.

Dès début août 1914, les départements touchés par la guerre sont évacués et la population civile envoyée vers des zones à l’arrière du front. Dans des conditions difficiles, les administrations locales et leurs habitants s’organisent provisoirement. En septembre 1914, la Ville de Troyes sollicite la Commission administrative du Bureau de Bienfaisance. Le Préfet décide alors de créer une « Commission chargée de la Direction et de la Gestion des groupes de réfugiés se trouvant dans le département de l’Aube ». De nouvelles cantines sont ainsi ouvertes et un service de location de logement est mis en place avec la distribution de jouets pour les enfants. Les frais d’assistance médicale du département sont supportés par l’État et des réductions demi-tarif, voire la gratuité, pour les transports s’appliquent.

Un système de sauf-conduits

Dès décembre, le Ministère de l’Intérieur incite les collectivités et la population à aider les réfugiés français et belges (logements, vêtements, nourriture, etc.). En parallèle, des rapatriements permettent aux personnes exilées de rejoindre leur famille dans le reste de la France, hors zones occupées ou sinistrées. Dans le but de prévenir les problèmes liés aux flux de population, le Ministère de l’Intérieur et celui de la Guerre décident d’un système de sauf-conduits pour pouvoir se déplacer au-delà de 10 km à partir de son lieu de résidence. En novembre 1915, pour limiter le nombre croissant de réfugiés à Troyes, la Préfecture de l’Aube diffuse une circulaire demandant l’arrêt de distribution des saufconduits aux réfugiés et leurs familles voulant s’installer à Troyes, à moins de pouvoir justifier d’un logement, de la famille et/ou d’un emploi sur place. La guerre terminée, le statut de réfugié tend à disparaître. Accordé jusqu’au 1er juin 1920, celui-ci prévoit notamment le versement d’allocations diverses et secours. Le Ministère de l’Intérieur et celui des Régions libérées, considérant que ce statut ne peut plus être appliqué, instaurent des aides au rapatriement au profit des réfugiés pour leur permettre de retourner dans leur lieu d’habitation d’origine. L’arrêt définitif de versements d’allocations est fixé au 1er octobre 1920 mais l’arrivée de l’hiver prolonge ce dispositif jusqu’au 30 avril 1921.

Texte : Anne-Lise Drège


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