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Les permissions agricoles

Dans le cadre de leur mission de valorisation du patrimoine troyen, les Archives municipales vous proposent, pour le Centenaire de 14-18, de découvrir des documents originaux. Dans la continuité des textes mis en ligne, en 2014, sur le site Internet de la Ville de Troyes (onglet « Sport/Culture », rubrique « Archives municipales », « Le document du mois »), 2018 clôture ce cycle mémoriel par des articles traitant de la vie quotidienne à Troyes.

Le besoin croissant de main-d’oeuvre agricole pousse l’État à mettre en place un système de permissions agricoles individuelles. Le ministre de la Guerre publie plusieurs circulaires à cet effet. Jusqu’en 1915, seuls les agriculteurs mobilisés et en préparation militaire en bénéficient. Dès février 1916, ce système est étendu aux agriculteurs soldats territoriaux, aux actifs et aux réservistes. 2 500 chefs d’exploitation sont également répartis sur le territoire et les effectifs des compagnies agricoles militaires sont doublés dans les zones armées. Lors des permissions, ces agriculteurs sont envoyés en priorité sur leurs terres mais, en fonction des besoins, peuvent s’occuper d’exploitations situées sur tout le territoire. Ainsi, plus de 500 soldats et près de 350 chevaux sont comptabilisés dans l’Aube en avril 1916. Un sursis agricole destiné aux spécialistes permet également de maintenir un certain niveau de production en retardant leur envoi au front. Avec l’apport des troupes cantonnées en régions, des prisonniers de guerre et des civils volontaires situés à l’arrière, l’État tente de faire effectuer les travaux des champs les plus urgents. À Troyes, à l’initiative du maire, des terrains sont mis à disposition, cultivés alors par une trentaine d’habitants.

Un comité pour optimiser les terres exploitables

Afin d’établir un relais avec les agriculteurs, l’État demande la constitution, dans chaque commune, d’un Comité d’Action agricole prévu pour le temps de la guerre. Celui-ci est chargé de mettre en culture toute terre inexploitée, d’aider les agriculteurs à trouver de la main-d’oeuvre, des financements, des semences et du matériel mais n’a finalement que peu de pouvoir. À Troyes, ce comité est adopté en mai 1916. Présidé par le maire, il se compose de neuf personnes issues du monde agricole.

Le niveau de production est, quant à lui, très surveillé. Chaque commune doit évaluer ses stocks agricoles à des fins de défense nationale. Entre 1914 et 1918, le territoire troyen passe de 35 à 16 hectares de blé et froment cultivés, de 5 à 3 ha d’orge et de 17 à 8 ha d’avoine. Sur la même période, l’élevage passe de 245 à 104 vaches et de 94 à 14 porcs. De manière générale, le nombre de terres cultivables et de troupeaux diminuent. Seule la pomme de terre (de 7 à 8 ha) et la betterave (de 1 à 4 ha) se développent, et le nombre de chevaux augmente (de 40 à 58).

En 1918, à la sortie de la guerre, la mise en culture des terres abandonnées devient un véritable enjeu. En décembre 1924, l’État impose la réalisation annuelle d’un état des lieux des stocks disponibles chez les industriels, les commerçants et négociants en gros, et dans les coopératives, en cas de nouvelle guerre.

Texte : Anne-Lise Drège

Pour lire l’article dans son intégralité, rendez-vous sur ville-troyes.fr, onglet « Sport et Culture », rubrique « Archives municipales » puis « Le document du mois »

 


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