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Dimitri Sydor - Pour le Groupe de Gauche


Retour à 4 jours d’école : une absurdité !

À l’occasion du conseil municipal de février, le Maire François Baroin a décidé, avec le soutien de sa Majorité, de revenir à une semaine de 4 jours d’école, soit 8 demi-journées contre 9 précédemment. Plutôt que d’assumer un choix pédagogiquement contestable, le Maire a préféré se retrancher derrière une pseudo concertation marquée par un faible taux de réponse et une analyse contestable. Évidemment, la question des rythmes scolaires est très complexe. Parce qu’elle se heurte à la fois à des objectifs de gestion pour les collectivités locales et aux intérêts particuliers (ceux des parents et des enseignant-e-s notamment). Pourtant, au centre de la réflexion, il y a bien la question pédagogique : est-ce que la qualité des apprentissages est meilleure à 8 ou 9 demies journées de classe ?

Sur ce point, je veux rappeler deux grands témoignages. D’abord, celui de Stanislas Dehaene, neuropsychologue célèbre. Il disait, dans une interview de juin 2012, que « rien dans la lecture n’est évident pour l’enfant, il faut s’entrainer un peu tous les jours avec des périodes de sommeil pour consolider l’apprentissage. En ce sens, la concentration de l’apprentissage sur une semaine de quatre jours est une absurdité ». Ensuite, un « appel aux maires » a été publié en octobre 2017 par de nombreuses sommités publiques et intellectuelles, de gauche, du centre, de droite. Elles et ils disent qu’avec le retour aux 4 jours, les écoliers français perdraient 36 journées d’école sur une année, creusant encore plus l’écart avec les autres pays européens. Elles et ils ajoutent : « Croyez-vous vraiment qu’avec moins de 130 jours de classe par an, on puisse obtenir les mêmes résultats qu’avec un peu plus de 160 ? Les enfants de professeurs et de cadres supérieurs n’en souffriront sans doute pas trop, mais les autres ? Et c’est finalement cela le coeur de la question. Quelles seront les conséquences sur ceux dont on dit souhaiter l’intégration et pour qui l’école sera, dans le futur, moins présente pour eux ? »

Faut-il aussi rappeler notre mauvais classement sur un certain nombre d’enquêtes internationales, dont PISA. Si l’on se penche sur ces classements, on s’aperçoit que si l’École française parvient à former de bons élèves, elle reste toutefois fortement inégalitaire. Autrement dit, les enfants des familles socialement ou culturellement les plus défavorisées sont ceux qui tirent un moindre bénéfice du système scolaire actuel. En faisant le choix du retour à quatre jours, ce qui est sûr, c’est que l’on revient à la situation antérieure, celle des mauvais résultats à PISA, sans prendre le temps d’évaluer. Ce qui est sûr, c’est que quatre jours, c’est le retour à l’École qui nous a conduit à ces résultats médiocres, puisqu’on éloignera encore un peu plus certains jeunes de la réussite. Une absurdité !


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