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David Blanchon - Pour le Groupe de Gauche


Austérité budgétaire : le jeu du « qui perd perd »

À l’approche de l’été, la mode des régimes amincisseurs bat son plein. Il faut croire que cela touche également les collectivités locales. Cette austérité est à la fois due à la politique menée par la majorité municipale, ainsi que celle de l’État vis-à-vis des collectivités.

La Ville de Troyes, par ses choix budgétaires drastiques en matière de dépenses publiques depuis de nombreuses années, se démarque des autres communes de même strate. Elle affiche en effet des indicateurs financiers qui la font apparaître comme un élève studieux au regard des critères fixés par les tenants d’une économie libérale où la dépense publique se mesure en terme quantitatif et non qualitatif. En reprenant quelques éléments de comparaison, on s’aperçoit ainsi que la capacité d'autofinancement nette (base 2016) est de 135 euros par habitant alors que les villes de même strate sont à 18 euros par habitant ! Ce chiffre s’explique par une maîtrise appuyée des dépenses publiques alors que les recettes augmentent peu.

Cela pose question sur le régime de diète imposé aux finances troyennes depuis des années.

La sociologie d'une population troyenne qui s'appauvrit permet-elle une telle rigueur budgétaire ?

Dans la même logique, on peut observer que les charges de fonctionnement (base 2016) par habitant sont de 1 176 euros, et les villes de même strate 1 589 euros !

La crainte d’un retrait des services à la population est réelle si on continue à suivre ce chemin.

Cette rigueur budgétaire n'est même pas récompensée par l’État.

En effet, la contractualisant liée aux finances locales entre l’État et chaque collectivité impose à celle-ci des critères notamment d'objectif de 1,2 % d'évolution maximum par an pour les dépenses de fonctionnement (un geste de générosité de l'État permet jusqu'à 1,35 %) alors que la Ville de Troyes, par sa gestion (trop) rigoureuse affiche malgré tout une évolution positive de 1,8 % depuis 4 ans, avec des services municipaux pressurisés. Étant en dehors des clous budgétaires, elle risque un écrêtement de sa prochaine dotation de fonctionnement. Ce « contrat », que beaucoup d’élus locaux qualifient de « diktat » de l’État, fixe ainsi des objectifs financiers inatteignables pour les collectivités.

En fait, on assiste à une sorte de jeu du « qui perd perd » du regretté Coluche, où les collectivités seront à tous les coups perdantes vis-à-vis de l’État.

Les choix budgétaires doivent être pris en fonction de choix politiques et non strictement d’un point de vue comptable. Le stationnement gratuit, à compter du mois de septembre, qui a un coût de 90 000 euros pour la commune mais qui impactera positivement les commerces de centre-ville en est une illustration.  

 


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David Blanchon - Groupe de Gauche

17, rue Paillot de Montabert à Troyes

03 25 73 00 06

d.blanchon@ville-troyes.fr

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